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Tribune – Pour en finir avec la précarité menstruelle !

Les Jeunes Socialistes de Saône-et-Loire, aux côtés de l’UNL notamment, ont soutenu la tribune signée par le collectif « Réglez-moi ça ! » demandant la mise en oeuvre d’une politique publique volontariste pour lutter contre la précarité menstruelle.

Pour beaucoup d’entre nous, s’acheter des tampons ou des serviettes hygiéniques semble relever de l’évidence. Pourtant, chaque mois, des millions de femmes sont confrontées à un dilemme : acheter des protections hygiéniques ou y renoncer afin de subvenir à d’autres besoins tout aussi essentiels.

Nous sommes en 2019 et une femme* sur dix dans le monde subit ce fléau que l’on appelle « précarité menstruelle ». Derrière cette expression si lisse se cache une réalité encore largement sous-estimée : chaque mois, des élèves, des étudiantes, des travailleuses précaires, des femmes sans-abri n’ont pas les moyens de « s’offrir » des protections hygiéniques. Serait-ce donc un luxe d’avoir ses règles ?

Plus qu’un luxe c’est une source d’inégalités que nous ne pouvons plus occulter. Les règles ont longtemps constitué un immense tabou dans la société, un tabou qui masquait leur coût. Les protections hygiéniques, les antidouleurs mais aussi toutes les dépenses liées comme le remplacement de vêtements tachés représentent un budget souvent insurmontable pour les plus pauvres des 15 millions de Françaises en âge d’avoir leurs règles. Lorsqu’il faut payer le loyer, l’alimentation, l’électricité, les transports, l’argent nécessaires afin de se procurer ces protections peut devenir un fardeau pour le porte-monnaie des femmes.

Face à l’impossibilité d’engager une telle dépense, de trop nombreuses femmes optent pour des moyens de substitution au risque de mettre leur santé en danger. Aucune femme, dans une société aussi avancée que celle de la France, ne devrait avoir à bricoler des serviettes avec du papier toilette, des mouchoirs, des vêtements voire même des bouteilles en plastique découpées.

La précarité menstruelle a de nombreux visages. Economique indéniablement, sanitaire indiscutablement mais également social. Ce phénomène qui frappe près de 1,7 million de femmes a des conséquences plus insidieuses pouvant être à l’origine de déscolarisation, de dépression et d’exclusion sociale.

Il est urgent que les pouvoirs publics instaurent une politique ambitieuse en matière de lutte contre la précarité menstruelle dont la première étape serait l’installation de distributeurs gratuits de protections hygiéniques dans chaque collège, chaque lycée et chaque établissement d’enseignement supérieur. Ce dispositif ne saurait être efficace sans des actions de sensibilisation à l’échelle nationale afin d’éduquer les jeunes filles et les jeunes garçons à ces problématiques.

La lutte contre la précarité menstruelle est un combat qui nous concerne tous. Il constitue à la fois un enjeu de santé publique, d’éducation, d’égalité entre les genres et de justice sociale. Il est plus que jamais temps de changer les règles ! Alors mesdames, messieurs les élu.e.s : réglez-nous ça !

« Réglez-moi ça ! », collectif de lycéen.ne.s, étudiant.e.s et jeunes actif.ve.s contre la précarité menstruelle

Soutiens : Equally ; Union Nationale des Lycéens ; Mouvement des Jeunes Socialistes.

*Personne née biologiquement femme