Actualités En Saône-et-Loire Idées et thèmes Local

Pour une politique volontariste de lutte contre la précarité menstruelle

Pour beaucoup, s’acheter des tampons ou des serviettes hygiéniques semble relever de l’évidence. Pourtant, chaque mois, des millions de femmes sont confrontées à un dilemme : acheter des protections hygiéniques ou y renoncer afin de subvenir à d’autres besoins primaires.

Cette situation a un nom, celui de la précarité menstruelle. Encore largement sous-estimée, celle-ci touche en particulier les jeunes élèves, les étudiantes, les travailleuses précaires et les femmes sans-abri.

Les protections hygiéniques représentent une dépense indispensable non négligeable, parfois inaccessible pour les filles et femmes les plus démunies. Entre le loyer, l’alimentation, les abonnements internet et de transport, l’habillement, les quelques euros nécessaires pour se procurer ces protections peuvent vite devenir un poids supplémentaire trop lourd pour le porte-monnaie.

En moyenne, chaque femme consacre 18 euros par mois pour ses protections, soit environ 8.000 euros à l’échelle d’une vie mais cette estimation varie selon les études. Des chercheur·euse·s britanniques ont évalué le coût des menstruations à plus de 21.000 euros en ajoutant aux protections, le prix des antidouleurs et d’autres dépenses liées. Ce budget n’est pas toujours à la portée des plus pauvres des 15 millions de Françaises en âge d’avoir leurs règles.

Dès lors, place au système D pour ces femmes en difficulté financière. Si certaines ne changent pas suffisamment souvent de protections, d’autres sont obligées d’opter pour des moyens de substitution en bricolant leurs propres protections avec du papier toilette, des mouchoirs ou des vêtements. Ces matières inadaptées, tout comme l’utilisation prolongée au-delà de la période recommandée de protections classiques, présentent de sérieux risques pour la santé, pouvant aller jusqu’au choc toxique. Les conséquences psychologiques de la précarité menstruelle sont également non négligeables, le sentiment de gêne voire de honte peut miner la confiance en soi et constituer des blocages sociaux.

Bien qu’étant un phénomène naturel, les règles demeurent encore aujourd’hui un sujet tabou dans notre société et la précarité menstruelle reste occultée par les pouvoirs publics. A nous, Jeunes Socialistes, de porter ce combat de progrès social et de lever, enfin, ce tabou.

Ainsi, nous proposons que soient installés dans chaque collège, chaque lycée et chaque établissement d’enseignement supérieur, des distributeurs gratuits de protections hygiéniques.