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Réforme de l’assurance-chômage : une politique de stigmatisation des plus précaires

Le gouvernement a présenté ce mardi 18 juin les différents axes de la réforme de l’assurance-chômage à venir.

Les jeunes socialistes s’opposent fermement à cette réforme qui renforce la stigmatisation des personnes subissant la précarité. Nous appelons au contraire à un renforcement de leur accompagnement par une politique volontariste de lutte contre le chômage de masse et la pauvreté.

Cette réforme suit la ligne du gouvernement : celle de l’injustice sociale et du renoncement. Cette politique combat les chômeurs plutôt que le chômage, et les pauvres plutôt que la pauvreté. Actuellement,pour bénéficier de l’indemnisation par l’assurance-chômage, il faut justifier d’au moins quatre mois de travail effectif sur les 28 mois (36 mois pour les seniors de plus de 53 ans) avant l’extinction du contrat de travail. Ce seuil passerait à 6 mois sur les 24 derniers mois, soit un jour sur quatre travaillé au lieu d’un jour sur sept.

Une telle mesure toucherait, selon l’UNEDIC, 11% des allocataires, soit 236 000 personnes. Il s’agit une régression des droits des travailleurs les plus précaires.

Nous dénonçons l’indifférence du gouvernement envers la jeunesse. En effet; ce sont les jeunes en insertion professionnelle qui seront directement concernés par cette mesure. Ceux-ci qui subissent déjà la précarité par un début de carrière fragmenté couplé à des boulots précaires, qui ne leur permettent pas de cotiser suffisamment pour bénéficier de l’allocation de retour à l’emploi.

Cette mesure est d’autant plus choquante qu’elle suit la publication du rapport sur les inégalités en France édité par l’Observatoire des inégalités. Celui-ci qui constate que les jeunes les moins diplômés occupent à 65% un contrat précaire (intérim, CDD) et ont un taux de chômage 3,7 fois plus élevé (18,3%) que ceux titulaires d’un diplômé du supérieur long.

Cette mesure aura comme effet d’aggraver ces inégalités et la précarisation des jeunes peu ou pas diplômés.

Ce sont les jeunes les grands oubliés de la protection sociale, déjà exclus de dispositifs comme le RSA. Mais ne sont pas les seuls attaqués par cette réforme : il s’agit des familles monoparentales, travailleurs les plus fragiles, les plus âgés, ceux qui ont été blessés ou malades… Ce sont eux qui sont ceux qui ont le plus grand besoin du soutien de la puissance publique, qui à pour rôle veiller à ce que personne ne soit mis à l’écart.

Il est nécessaire d’en finir avec cette idéologie de la culpabilisation des plus précaires, qui subissent les effets de la mondialisation et d’un chômage de masse structurel. Plutôt que de couper le budget de l’assurance chômage, nous voulons que tout le monde puisse travailler à travers un partage du temps de travail ainsi qu’une formation professionnelle renforcée.