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Interview de Sophie Dernois, co-coordinatrice du MJS, à Info Chalon

Elections européennes, avenir de la gauche, Grand Débat, Gilets jaunes, vie démocratique… Sophie Dernois, co-coordinatrice nationale du Mouvement des Jeunes Socialistes et ancienne Animatrice Fédérale de Saône-et-Loire, a répondu aux questions du site d’information « Info Chalon ».

Après le marasme des dernières élections générales, le PS a du mal à se reconfigurer. Quel regard une jeune élue telle que vous, jette sur son parti ?

Après la double défaite de 2017, il était absolument nécessaire que nous fassions notre propre autocritique, que nous fassions le bilan de nos erreurs sans pour autant minorer nos réussites. Cela a été fait de manière objective et nous avons engagé un travail de fond pour construire une alternative politique crédible aux yeux des Français. La confiance avec les citoyens ne pourra être rétablie qu’à la condition que nous portions un projet clair qui répondent aux défis de notre époque. Face à la crise écologique, sociale et démocratique, nos concitoyens exigent des propositions fortes qui ne se limitent pas à des considérations budgétaires ou à ériger des murs. Les Jeunes Socialistes ont d’ailleurs formulé des propositions innovantes, concrètes, ambitieuses lors du dernier Congrès en matière de fiscalité verte, de démocratie locale, d’éducation.

 Le Président de la République a donné des éléments de réponses ce il y a quelques jours. Qu’en pensez-vous ?

Pour conclure le Grand Débat on a eu le droit à un Grand Blabla. Ce devait être une conférence de presse, finalement c’était davantage une conférence à la presse. Mise à part la forme, le fond est décevant : le Président de la République a maintenu le flou et nous laisse avec plus de questions que de réponses. Que va-t-il se passer pour le temps de travail ? Sur l’éducation, il a dit qu’il n’y aurait plus de fermetures d’écoles, j’aurais préféré qu’il annonce qu’il n’y aurait plus de fermetures de classes.

Enfin, pour celui qui était considéré comme le « champion de la Terre », je l’ai trouvé bien peu bavard sur l’environnement. Il n’a pas pris la mesure de l’attente de la jeunesse qui se mobilise depuis des mois pour que les dirigeants agissent pour sauver la planète. Emmanuel Macron devrait revoir ses priorités : on peut vivre avec plus de 3% de déficit mais on ne pas vivre avec 3 degrés supplémentaires sur la planète.

Dans un mois, ce sont les élections européennes, un taux d’abstention faramineux est annoncé. Quel est votre sentiment ?

Vous avez raison, le premier parti de France risque d’être une nouvelle fois l’abstention surtout chez les jeunes. Mais nous ne nous résignons pas, nous sommes combatifs. Je ne crois pas que les Français soient europhobes, je crois que les Français sont extrêmement attachés au projet européen mais que l’Europe telle qu’elle est actuellement ne leur convient pas. Comment leur en vouloir quand les intérêts de Bayer-Monsanto priment sur la santé des gens ? Comment leur en vouloir quand, au sein même de l’Union Européenne, des paradis fiscaux prospèrent ? Nous, Jeunes Socialistes, nous voulons changer d’Europe et rompre avec ce libéralisme brutal. Nous refusons ce stalinisme du marché libre qui consiste à démanteler méthodiquement les protections sociales et les services publics. Entre la finance et la santé, nous choisissons la santé. Entre la finance et la justice, nous choisissons la justice.

Les gilets jaunes ont marqué définitivement une coupure dans la société française jusqu’à pointer la lourde responsabilité de la classe politique dans la situation actuelle. Un avis ?

Le mouvement des gilets jaunes, inédit par son ampleur et sa durée, a mis en exergue le sentiment d’injustice sociale et la fracture territoriale qui traversent notre pays. Toute la classe politique a une part de responsabilité dans la situation actuelle mais je me méfie du discours anti-élus qui met à mal la démocratie. Nombre d’élus font un travail fantastique au service de l’intérêt général que le comportement indigne de certains ne saurait remettre en cause.

En votre qualité d’élue locale à Lux, nombre d’élus sont désarçonnés par la confiscation toujours plus grande des compétences municipales. Un avis ?

Je partage l’avis de beaucoup de maires et d’élus municipaux selon lequel les petites communes sont noyées dans d’immenses ensembles, souvent peu démocratiques, ce qui ne leur permet pas d’avoir voix au chapitre. Les élus municipaux ne siégeant pas dans les EPCI ont pu avoir l’impression, légitime, d’être écartés des sujets les plus importants et que finalement la vie communale leur échappait. Pourtant, les maires, les élus locaux sont les premiers interlocuteurs des citoyens au quotidien. Ils connaissent leurs problèmes, leurs attentes, leurs besoins. Je pense que nous devons réfléchir collectivement à comment améliorer la représentativité dans les EPCI mais aussi comment accroître la lisibilité démocratique de ces organisations pour les citoyens.

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