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L’incompréhensible obstination du Gouvernement à privatiser

Les parlementaires français examinent actuellement le projet de loi Pacte porté par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Loin de faire l’unanimité, ce texte suscite les doutes notamment en ce qui concerne la volonté du Gouvernement de procéder à la privatisation de trois grandes entreprises françaises : les Aéroports de Paris (ADP), la Française des Jeux (FDJ), et Engie.

Bien que le Sénat ait refusé ces privatisations, le Gouvernement s’obstine dans cette voie libérale qui consiste à céder au secteur privé les « bijoux de famille ». Jeunes Socialistes, nous nous interrogeons sur la pertinence de cette mesure d’autant plus que ces entreprises rapportent beaucoup d’argent à l’Etat. Ainsi, Engie verse à l’Etat environ 500 millions d’euros, ADP 170 millions et la FDJ de l’ordre de 100 millions. Au total, ces trois sociétés rapportent donc entre 700 et 800 millions d’euros, sans compter les impôts, notamment les taxes sur les jeux qui apportent plus de 3 milliards aux caisses de l’Etat.

Bruno Le Maire, en fin spécialiste des privatisations – lui qui était conseiller de Dominique de Villepin lors de la cession des autoroutes en 2005-2006 – estime que la vente de ces entreprises pourrait rapporter près de 15 milliards d’euros à l’Etat. Sur ces 15 milliards, 5 serviront à réduire la dette tandis que les 10 autres seront placés sur les marchés financiers pour rapporter – espère le Gouvernement – entre 250 et 300 millions d’euros par an afin de financer des projets innovants.

Ces arguments ne tiennent pas la route. La dette française s’élève à près de 2 300 milliards d’euros, vendre des entreprises stratégiques telles qu’ADP pour la réduire de 5 milliards est tout simplement aberrant. Le Gouvernement et la majorité devraient plutôt se remémorer l’échec absolu de la privatisation des autoroutes et celui plus récent de l’aéroport Toulouse-Blagnac avant d’entériner ces ventes. Soyons clairs, le futur acquéreur d’ADP va bénéficier d’une rente exceptionnelle avec des milliards d’euros à la clé.

Enfin, n’oublions pas que le groupe Vinci s’est positionné dans le dossier ADP. Ce même groupe qui, avec l’abandon du projet de construction de l’aéroport de Nantes, a vu une source considérable de profits lui échapper. Faut-il vendre ADP pour faire oublier Nantes et ainsi satisfaire Vinci ? La question est posée…