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ITW de Jérémy Pinto sur creusot-infos.com

source : creusot-infos.com

 

Comment s’est déroulé le congrès du MJS à Saint-Etienne et qu’en retenez-vous ? «Le congrès des jeunes socialistes s’est tenu dans un contexte singulier. Vouloir relever les défis, à Saint-Etienne, ville de tradition industrielle à la reconquête de son avenir, voilà qui a du sens. Le contexte est surtout particulier car la gauche confrontée au pouvoir national est une situation inédite dans mon engagement militant comme celui de tous les jeunes socialistes. Ca nous impose des responsabilités, d’être utiles dans l’action».

 
Alors que la côte du Président du République et de son Gouvernement sont à la baisse, est-il difficile de militer quand on est jeune socialiste ? «S’engager en politique, c’est toujours un peu compliqué. Je connais bien ça dans mon itinéraire personnel que rien ne prédisposait à un parcours militant car ce n’était pas une tradition dans ma famille d’origine plutôt modeste. C’est se confronter aux interrogations familiales, renoncer à du temps entre amis, se heurter à la défiance, parfois à des réactions virulentes. Oui, c’est difficile de militer quand on est jeune socialiste, et plus encore aujourd’hui quand on est en première ligne face aux impatiences légitimes, aux contestations ou à la colère. Mais voilà qui donne plus encore de sens à l’engagement, à agir pour un rebond de la Nation quand on pense que le salut ne peut venir que de l’action collective. Etre jeune socialiste, c’est refuser les fausses solutions, les discours populistes et démagogiques. C’est rappeler, et ça me tient à cœur, les valeurs qui fondent notre République que certains veulent ébranler. Pierre Mendès-France disait que la République doit se construire sans cesse, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir : aujourd’hui comme hier il nous faut conserver une capacité d’indignation pour refuser la fatalité et faire avancer le progrès».

 

Que retenez-vous des premiers 18 mois de présidence ? «Dans une période de crise très compliquée, la gauche a ouvert des chantiers courageux pour répondre aux enjeux du pays. Refonder l’école de la République, relever le défi de la compétitivité, accompagner les transitions des salariés en leur octroyant de nouveaux droits avec une complémentaire santé pour tous, de la formation tout au long de la vie, une surtaxation des contrats précaires, voilà des avancées importantes. Je veux retenir aussi les mesures que les jeunes socialistes portent depuis très longtemps : les emplois d’avenir pour mieux insérer les jeunes sur le marché du travail, le mariage pour tous pour que la République fasse l’égalité réelle. Je regrette néanmoins un déficit d’explication du gouvernement. Ces mesures, avec plein d’autres encore, sont justes, mais mises bout à bout elles ne constituent pas un cap clair. J’attends plus de fermeté des convictions pour redonner du sens à l’effort».

 

Qu’auriez vous aimé en plus ? «L’autonomie du MJS nous permet d’être poil-à-gratter de nos aînés, de revendiquer davantage. C’est vrai par exemple des questions de société où nous travaillons beaucoup pour faire avancer l’égalité et l’émancipation des individus. Notre congrès fut le moment pour saluer ce qui fonctionne bien, et dire aussi les insuffisances et nos déceptions. Il y en a. Je pense aux lois sur la décentralisation par exemple. Le rôle de la gauche c’est de rapprocher le pouvoir des citoyens, et l’occasion était là pour rendre plus lisible le système. Ce n’est pas le chemin qui a été pris et je suis de ceux qui plaident pour plus d’audace dans notre organisation territoriale. L’action publique ne se fait plus comme il y a 10 ou 20 ans, il faut tenir compte des transformations ! Un autre regret, d’actualité, sur la fiscalité. La situation du pays que la droite avait fortement dégradé méritait des efforts lucides, en particulier de ceux qui le peuvent le plus. Mais le système fiscal français n’est plus lisible et est injuste. Il fallait engager rapidement la grande réforme fiscale que le MJS réclame depuis plus de 10ans, pour remettre à plat le système, en renforçant la progressivité de l’impôt, en faisant mieux contribuer chacun à sa juste mesure. Il semblerait que le Premier Ministre ait entendu ce message du congrès de Saint-Etienne !»

 

Comment allez vous aborder la campagne des municipales ? Quels thèmes souhaitez-vous faire avancer ? «Les jeunes socialistes de Saône-et-Loire y travaillent depuis plusieurs semaines. On a d’ailleurs lancé nos travaux au Creusot en traitant de plusieurs thèmes, en particulier de l’économie et de l’industrie, ainsi que de la qualité de vie. On veut répondre à la question « qu’est-ce que ça veut dire être jeune aujourd’hui dans les villes de Saône-et-Loire ? », en faisant des propositions qui apportent du dynamisme mais en s’adressant aussi à toutes les générations. Je suis absolument convaincu que la ville, laboratoire d’innovations, pourvoyeuse de solidarités, doit être l’échelon pour préserver le vivre-ensemble. Le MJS-71 remettra ses propositions aux têtes de liste dans les semaines à venir».

 

Serez-vous candidat sur la liste d’André Billardon ? «C’est à la tête de liste, donc à André Billardon de répondre. Le Creusot a fait sa mue ses dernières années et est entré dans la modernité. C’est une ville où j’ai grandi, pour laquelle je me passionne. Ce que je peux simplement avancer à ce stade c’est que pour renouveler et amener des idées neuves aux équipes municipales, il faudra compter sur les jeunes socialistes dans les villes de Saône-et-Loire. Il y aura donc bien des candidats du MJS dans plusieurs territoires, au Creusot y compris».

Recueilli par Alain BOLLERY

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