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Tribune : « Nous sommes les enfants de l’Europe ! »

Nous ne sommes pas la génération qui fera de l’Union Européenne la cause de toutes les difficultés. Pour une raison très simple : nous sommes les enfants de l’Europe. Dès lors, les relations peuvent parfois être conflictuelles ou susciter de l’incompréhension. Mais cette tension n’est que le résultat d’une seule exigence, celle de la réussite de l’Europe. Nous pensons que la réorientation de la construction européenne conditionne la sortie de crise.

Nous sommes d’une génération qui n’a pas connu les conflits du vieux continent, grâce à l’esprit éclairé de ceux pour qui la pensée européenne s’inscrivait dans le temps long et dépassait les intérêts du moment, d’Hugo à Monnet, de De Gaulle à Mitterrand. Nous sommes d’une génération qui vit dans un espace pacifié dans lequel les Droits de l’Homme sont garantis, dans lequel les échanges étudiants Erasmus permettent le partage d’une culture commune, dans lequel l’interpénétration de nos économies créée de la solidarité.

Mais le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est en crise. Une crise économique violente, d’un système global qui a asphyxié l’économie de production. Une crise sociale qui n’épargne pas la jeunesse d’Europe pour laquelle s’insérer dans la société et accéder à l’autonomie devient mission impossible. Une crise identitaire d’une Europe toujours en construction.

Il nous faut, enfin, vraiment ouvrir la voie de l’intégration, vers une Europe plus solidaire et plus démocratique. Ce message, qui consiste à infléchir les logiques d’austérité, c’est François Hollande qui le porte dans les sommets internationaux. Face aux conservateurs, l’immensité de cette tâche requiert un appui sans faille que nous apportons sans réserve au Président de la République.

François Hollande, en peu de temps, a permis de faire bouger les lignes au sein de l’Union Européenne. Avant, après pas moins de 18 sommets, l’impuissance dans l’action de l’axe Sarkozy – Merkel condamnait la Grèce et entrainait toute l’Europe du Sud dans la tourmente. Sans perspective, nous étions dans le tragique scénario de l’enlisement. Depuis le printemps dernier, la méthode reconnaît la solidarité européenne, le volontarisme politique guide les choix économiques et tous les Etats sont écoutés.

Le soutien au Président de la République s’exerce pleinement dans l’étape importante que constitue le paquet européen soumis prochainement au Parlement français. Nous approuvons sa ratification par les représentants du peuple ; c’est un palier nécessaire qui pose les fondations incontournables de la réorientation de la construction européenne.

La négociation a permis d’accompagner le traité budgétaire d’avancées si conséquentes qu’il serait une folie de maintenir le carcan existant en se privant de l’ensemble des autres mesures qui concourent à la croissance et à la stabilité. C’est le pacte pour la croissance et l’emploi qui permettra notamment de financer de grandes infrastructures stratégiques. C’est la taxe sur les transactions financières, réclamée depuis si longtemps à Gauche. C’est le Mécanisme Européen de Stabilité qui pourra intervenir pour soutenir les Etats en difficulté. Ce sont les premières mesures de supervision bancaire, afin de se prémunir des dérives des banques. Un mécanisme sur lequel il faudra aller encore plus loin, encore plus vite, véritable prémisse d’une union bancaire, étape incontournable d’une réelle union économique et monétaire.

Quant au traité budgétaire, il apporte de la souplesse sur la situation actuelle en permettant de tenir compte de l’environnement socioéconomique dans les trajectoires de redressement des finances publiques. L’endettement est vertueux quand il permet de préparer l’avenir. Mais le principe d’équilibre des comptes publiques nous apparaît aussi être un objectif juste, en ce qu’il préserve les générations futures. Reprendre le contrôle de notre destin en combattant la dette, c’est le rôle historique de la gauche.

Nous tenons à l’Euro. Nous sommes d’une génération qui n’a connu que la monnaie unique. L’Euro n’a initialement pas été créé pour des raisons économiques mais pour une belle cause politique : la solidarité européenne. Nous mesurons la protection de l’Euro sur notre économie car il permet une stabilité que nulle monnaie nationale n’aurait égalée dans la tourmente. Mais l’outil n’était pas assez dimensionné pour affronter efficacement la crise.  Nous savons que la monnaie unique ne se suffit pas à elle-même, que son efficience ne pourra être entière que dans le cadre d’une réelle coordination des politiques économiques des Etats européens.

L’Europe que nous voulons n’est pas la France d’aujourd’hui. Et d’ailleurs, à ceux qui feignent de croire que notre pays peut rester seul dans ses revendications, prêt à aucun compromis, se méprennent de la construction européenne, celle des « petits pas ». Le vote du paquet européen est une étape essentielle. Il nous faut la réussir pour en franchir d’autres et donner toute la force au Président de la République dans le changement qu’il a engagé à la table du Conseil européen. Cette réorientation donne à l’Union Européenne des outils pour mieux lutter contre la crise, et donc contre le chômage.

Les défis sont encore devant nous : le développement de l’emploi, lutter contre le réchauffement climatique, harmoniser un modèle social européen. La création d’un revenu minimum européen, l’harmonisation fiscale pour enrayer tout effet de dumping, la protection des grands services publics sont des sujets qui doivent aussi être posés. Mais ces avancées ne pourront être obtenues que dans le cadre d’une Europe plus politique et plus démocratique. Nous attendons cette évolution institutionnelle qui verra confortée le rôle du Parlement européen et permettra l’élection directe d’un Président de l’Union.

Ce grand projet global a un nom : l’Europe fédérale. C’est dans cette voie que nous devons nous engager. Le paquet européen permet d’avancer dans l’intégration.

Nous sommes les enfants de crises multiples. Pourtant, si les jeunes sont indignés, s’ils entrevoient un avenir bien plus fragile que les générations précédentes, ils ne veulent pas pour autant être fatalistes. Nous ne sommes pas résignés. Nous sommes la génération du changement, celle qui a porté François Hollande à la Présidence de la République Française.

Nous sommes les citoyens européens, enfants d’une Europe nouvelle.

Les Jeunes Socialistes de Saône-et-Loire

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