Economie/Travail

Une politique énergétique responsable

Pour relever le défi du changement climatique

L’accession de François Hollande à la Présidence de la Républiquenous permet d’envisager une nouvelle politique énergétique en France, et de renouveler l’approche de la question nucléaire par les socialistes. Thème souvent au cœur de controverses, relancé après l’accident de Fukushima, ce débat doit néanmoins être dépassionné car il revêt une importance capitale dans la préparation de l’avenir à long terme. Si la part du nucléaire représente 74% de la production d’électricité en France, elle chute à 17% dans le paquet énergétique global du pays (électricité, charbon, pétrole, gaz, renouvelables).

Nous affirmons sans détour qu’avec près des trois quart de la production française d’électricité, grâce à 58 réacteurs, la part du nucléaire est excessivement disproportionnée. En cela, les Jeunes Socialistes de Saône-et-Loire souscrivent pleinement aux orientations du gouvernement qui consistent à ramener cette part à 50% à l’horizon 2025, proportion raisonnable dans un mix énergétique cohérent.

Cet objectif parait particulièrement ambitieux, notamment par son coût (des dizaines de milliards d’euros) mais il est un signal politique fort vers la transition énergétique. La seule fermeture des deux réacteurs de Fessenheim durant ce quinquennat en sera la première traduction concrète.

Il convient de tirer des enseignements du cas de l’Allemagne. Sous couvert d’une réduction de la part du nucléaire d’autant que nos propres objectifs français, nos voisins d’outre-Rhin se sont engagés parallèlement dans le développement de plusieurs dizaines d’autres centrales, au gaz et au charbon. Plus polluantes et émettrices en CO2, ces énergies fossiles, bien que plus performantes que les énergies renouvelables en termes de substitution au nucléaire, n’apparaissent pas pour autant être l’option que doit retenir notre pays, qui a d’ailleurs stoppé l’extraction du charbon en avril 2004.

Réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité, c’est permettre le développement des énergies renouvelables, en ayant le sens des réalités. La substitution d’un seul REP (réacteur à eau ordinaire sous pression) de 1450 MW, c’est l’équivalent de près de 2000 éoliennes, ou par la biomasse de 16 millions de tonnes de bois.

Pour lever ces contraintes techniques, il faut investir dans la recherche-développement et permettre àla France d’acquérir un certain avantage comparatif sur des produits technologiques de pointe dans le domaine des énergies renouvelables. C’est une expérience de ce type qui sera menée le long des côtes bretonnes avec le développement d’un champ maritime d’éoliennes off-shore. En tout état de cause, la révolution énergétique ne sera qu’avec une révolution industrielle.

Cette dynamique économique en matière de politique énergétique concernera tous les secteurs, ceux de l’industrie lourde de l’énergie comme ceux de l’automobile ou du bâtiment. En effet, la clé du défi qui nous est posé réside en grande partie dans la capacité de nos sociétés postmodernes à s’engager vers une réduction de la consommation énergétique, à travers de nouveaux modes de déplacements, autant que vers l’isolation des logements. Un grand plan de rénovation de 2 millions d’entre eux, tenant compte des critères thermiques, doit être lancé en cinq ans.

Notre industrie nucléaire dispose de compétences uniques à l’échelle mondiale qu’il faut sauvegarder. La filière française est en pointe à la fois sur les questions de sécurité comme celles de sureté sur lesquelles veille l’Autorité de Sureté Nucléaire (l’ASN), dont le niveau d’exigence est unique.

Deux défis sont toutefois posés. D’abord celui de la transparence dans la gestion de la politique énergétique : il nous faut inventer une nouvelle autorité citoyenne indépendante pour relever ce défi démocratique. Et ensuite celui du traitement des déchets dont seul l’investissement dans la recherche permettra d’y répondre, alors que l’EPR apparaît comme une avancée.

Enfin, nous ne pouvons évacuer le critère du prix de l’électricité. Aujourd’hui avantageux pour tous en France grâce au nucléaire, il est aussi un facteur important de compétitivité pour nos industries lourdes fortement consommatrices. Cette donnée est essentielle à prendre en compte quand il s’agit de relancer l’industrie nationale.

Les Jeunes Socialistes de Saône-et-Loire proposent de s’engager vers un mix énergétique dans lequel les renouvelables doivent prendre toute leur place, et dans lequel le nucléaire ne peut être absent mais avec une technologie plus propre et plus sûr. Le développement de l’EPR concourt à ces ambitions : d’une puissance plus importante (1600 MW), il produit moins de déchets et permet une meilleure utilisation des combustibles. Nous nous félicitons de la décision du gouvernement de mener à terme la construction de l’EPR de Flamanville. Nous souhaitons la poursuite dans le développement des réacteurs de troisième, voire de quatrième génération.

La Gauche au pouvoir doit engager la transition énergétique, développer considérablement des énergies renouvelables plus performantes, permettre ainsi un véritable mix énergétique, adopter une stratégie responsable de soutien à l’industrie nucléaire, et faire la chasse au gaspi en régulant un mode de vie aujourd’hui trop énergivore.

Notre responsabilité, c’est de mesurer l’impact de nos choix en matière énergétique sur la lutte contre le réchauffement climatique. Aujourd’hui, ne pas se tromper et être au rendez-vous du défi planétaire, c’est diminuer les rejets en CO2.

Leave a Reply

Votre email ne sera pas publié. Champs obligatoires *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>