Santé

Une politique préventive sanitaire ambitieuse

Contribution de la fédération MJS de Saône-et-Loire dans le cadre de la convention nationale « Perspectives 2012″, thème santé.

Le 8 novembre dernier, tout juste un an après la dernière hausse du prix du tabac, un arrêté ministériel fixe la nouvelle augmentation du paquet de cigarettes à 6%. Le gouvernement et son ministre du budget se justifient en rappelant que cette démarche s’inscrit dans le cadre du « Plan Cancer 2 » mis en place par l’actuel Président de la République, à l’initiative de son prédécesseur.

Un argument qui ne convainc guère les associations de lutte contre le tabagisme, selon lesquelles une hausse inférieure à 10% n’a pas d’effet notable sur la consommation, et donc sur la santé publique, alors que le tabac provoque encore plus de 60.000 morts par an en France. Le Plan Cancer 2 apparaît être, en réalité, un prétexte de plus permettant de dissimuler les manquements du gouvernement et de sa politique de santé obsolète, qui privilégie d’abord la recherche du profit (pour la première fois cette année, ces taxes rapporteront 10 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat) ou d’économies (fusion d’hôpitaux, suppression de postes, déremboursement de médicaments…) au détriment d’une véritable politique de prévention ambitieuse.

Les actions de prévention sont, encore aujourd’hui, trop souvent considérées comme secondaires par rapport aux soins. Le volet prévention dans la loi « Hôpital-Patients-Santé-Territoire » est relativement infime. Il porte essentiellement sur des dispositifs relatifs à l’interdiction totale de la vente d’alcool chez les mineurs, par ailleurs peu adaptés à la réalité. Néanmoins, la politique de prévention ne peut s’atteler uniquement à un seul aspect des problématiques de santé, mais doit porter sur des enjeux de société beaucoup plus larges. En effet, les évolutions sociétales ont entraîné de nouveaux modes de vie qui peuvent affecter directement la santé de l’individu.

Par exemple, l’émergence de nouvelles formes de loisirs (jeux-vidéo, Internet, réseaux sociaux…) associée à une évolution des comportements alimentaires accentuent le phénomène d’obésité, notamment chez les plus jeunes. Cette particularité outre-Atlantique concerne aujourd’hui l’Europe et la France et inquiète de plus en plus le monde médical. Des actions obligatoires de prévention doivent devenir obligatoires dans les programmes scolaires et dans toutes les écoles de France afin d’informer les jeunes sur les risques liés à la sédentarité.

De plus, la précarisation des situations sociales ou encore la tertiairisation du monde du travail entraînent des phénomènes de mal-être psychologique qui peuvent parfois devenir dramatiques (exemple de la hausse du nombre de suicides dans de multiples sociétés). Aujourd’hui en France, 1 personne sur 5 se dit concernée par un problème de santé mentale sans que ce constat ne fasse écho auprès des dirigeants politiques. L’indépendance de la médecine du travail vis-à-vis de l’employeur doit être affirmée.

Enfin, les conduites addictives sont également un enjeu de société et doivent être prises en compte. Les différentes interdictions (vente d’alcool et tabac aux mineurs, cannabis…) n’empêchent pas la consommation mais favorisent la création de circuits parallèles. Ces consommations existent, elles ne doivent plus être occultées mais soumises à des campagnes de prévention ambitieuse dans un cadre légal.

La politique de santé ne peut se définir qu’à travers des répressions, des augmentations et des interdictions, la prévention se doit aussi d’être un pilier essentiel de l’action publique sanitaire.

Leave a Reply

Votre email ne sera pas publié. Champs obligatoires *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>