Santé

Pour une sécurité sociale juste et solidaire

Contribution de la fédération MJS de Saône-et-Loire dans le cadre de la convention nationale « Perspectives 2012″, thème santé.

Après l’adoption de la réforme des retraites, fondamentalement injuste et basée sur les seuls efforts des catégories sociales les plus fragiles, le gouvernement s’engage dans un nouveau chantier, celui de la sécurité sociale.

Les réformes menées depuis 2002 s’inscrivent toutes dans la même veine. Le déficit de la sécurité sociale est toujours en grande partie compensé par la baisse de la prise en charge des traitements. Le déremboursement des médicaments, prétendu insuffisamment efficace, est en effet un des piliers des politiques menées depuis que la droite est au pouvoir. Le nombre de médicaments suffisamment bien remboursés devient ridicule. Parallèlement à ces déremboursements, d’autres mesures viennent amputer le portefeuille des plus faibles. Le ticket modérateur ne cesse d’augmenter, le forfait hospitalier est de plus en plus cher. Quant aux frais dentaires, leur couverture par la sécurité sociale est très marginale, laissant les patients renoncer tout simplement à ces soins pourtant essentiels ou, pour ceux qui le peuvent, s’en remettre presque exclusivement aux mutuelles. Il en est de même d’autres frais, comme ceux liés au handicap (on pense notamment à l’achat d’un fauteuil roulant par exemple). Une analyse fine pour une meilleure répartition de tous types de remboursements apparaît nécessaire.

Ainsi serait-il bon de rétablir certaines vérités. Premièrement, la sécurité sociale est et sera naturellement déficitaire, quelles que soient les réformes. En soignant les malades, nous les rendons aptes à contracter une autre maladie. Plus le système de santé est efficace, plus la durée de vie s’allonge et plus les dépenses vieillesse augmentent. Les dépenses de sécurité sociale iront donc en s’accroissant, de façon naturelle. L’objectif des réformes ne devrait donc pas être la recherche de l’équilibre financier à tout prix, mais l’adaptation aux évolutions de la santé des français. Ensuite, ne plus prendre en charge correctement les patients induit une aggravation de leur pathologie, supposant des dépenses de soins plus importantes. Dérembourser les médicaments, augmenter le forfait hospitalier et le ticket modérateur est donc parfaitement contreproductif et au détriment une fois de plus des plus fragiles.

Pour remettre sur pied notre système de sécurité sociale, peut-être devrions-nous adopter une autre stratégie. La question centrale n’est pas l’augmentation des dépenses, mais celles des modes de financement. Les gouvernements de droite successifs depuis 2002 ont fait leur choix. Ce choix, ce sont les assurances et les mutuelles privées au détriment de la solidarité. Ce choix est destiné à être un échec, non pas pour les sociétés privés, mais bel et bien pour les assurés eux-mêmes. Les Etats-Unis d’Amérique sont le parfait exemple de l’échec de ce modèle. Si les dépenses en matière de santé sont nettement supérieures à celles de la France, notre système de santé est  beaucoup plus efficace. Donner aux sociétés privées ce pactole accentuera sans aucun doute la baisse de la qualité de soin des patients et créera un système de santé à deux vitesses, une partie de la population (la plus riche) ayant accès aux meilleurs soins, l’autre devant se contenter de ce qu’offriront la sécurité traditionnelle et la CMU.

La gauche se doit de porter un tout autre modèle basé sur la solidarité. Les sources de financement existent, si tant est que l’on se donne le courage de les mobiliser. Ainsi, le financement actuel repose essentiellement sur le travail. Une fois de plus, mener une politique ambitieuse et incitative en termes de création d’emplois est un des piliers évidents à rappeler. Néanmoins, le seul prélèvement sur les revenus du capital permettrait de réduire en grande partie notre déficit. Supprimer certaines niches fiscales redonnerait au système les financements qui lui sont dus. Définir une nouvelle politique économique permettant la baisse du taux de chômage entraînerait une hausse des cotisations sociales. Ces moyens là, prioritaires, permettrait à eux seuls non seulement une baisse du déficit mais également un partage équitable du poids de notre système.

Il serait ainsi souhaitable que la gauche s’engage fortement dans cette nouvelle voie. Il faut en finir avec ce système qui ne conduit qu’à la destruction de notre modèle de sécurité sociale pourtant inspiré du Conseil National de la Résistance, repris par le Général de Gaulle, dont bon nombre des membres du gouvernement se prétendent aujourd’hui, en vain, être les héritiers. Rétablir l’égalité et la justice dans le financement de la sécurité sociale, permettre l’accès universel à la santé, rétablir le principe de solidarité à la base de notre système, tel doit-être notre projet politique.

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