Assurer l’accès aux médicaments en milieu rural

Santé | 19 novembre 2010 12:31 | Aucun commentaire

Contribution de la fédération MJS de Saône-et-Loire dans le cadre de la convention nationale « Perspectives 2012″, thème santé.

Pour améliorer l’organisation sanitaire territoriale, appliquons déjà la loi de la République ! L’exemple des pharmacies de gardes en secteur rural.

L’ordre des pharmaciens a complètement repositionné ces systèmes de gardes de week-end, dans une logique strictement financière,  avec des conséquences graves pour la population. Cette expérimentation dans quelques départements, dont la Saône-et-Loire, pourrait faire tache d’huile sur l’ensemble du territoire national.

Ainsi, l’exaspération est à son comble et particulièrement dans le secteur rural. Chaque week-end, des personnes touchées par la maladie, ou leurs proches, sont contraints de parcourir des dizaines de kilomètres pour se procurer les médicaments dont ils ont besoin. La majorité des habitants confrontés à cette situation subissent sans oser réagir, n’ayant d’autre choix possible. Cette situation intolérable pour les patients a de fortes conséquences sur le service des Urgences des Centres Hospitaliers qui doivent faire face à l’accueil de nombre de personnes qui ne relèveraient normalement pas d’un service d’urgence.

Si les pharmaciens ne veulent pas faire évoluer leurs positions, prenant en compte les besoins réels par bassins de vie, les préfets pourraient faire valoir le droit et trancher en faveur de l’intérêt général, en l’occurrence pour motif sanitaire. La loi prévoit, en effet, que les institutions représentatives des pharmaciens peuvent être  dessaisies de cette prérogative au profit du préfet, qui va alors se charger des questions de service de garde et d’urgence par arrêté, pris après avis des organisations professionnelles précitées, du pharmacien inspecteur régional et du Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens… lorsque l’organisation retenue ne permet pas de satisfaire les besoins de la santé publique, comme c’est fréquemment le cas.

Cette démission préfectorale face aux intérêts catégoriels est scandaleuse et doit impliquer de nouvelles règles. La concertation doit donc être de mise en associant les usagers, les patients, en tenant également en compte les nécessités de phases de repos des pharmaciens. Mais assurons l’accès à la médicamentation en milieu rural, consacrons limites et garde-fous à tels excès, remettons la personne humaine et son bien-être au cœur de toutes les décisions en appliquant tout simplement la loi.

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