Santé Une société plus solidaire

Dépendance des personnes âgées (résolution)

Croire en la solidarité nationale

Issue des travaux des jeunes socialistes de Saône-et-Loire, cette résolution a été présentée au conseil national du MJS, au cours du mois de juin. Elle a été adoptée à l’unanimité de ses membres.

Les Français vivent mieux et plus longtemps : l’espérance de vie est en moyenne de 81 ans aujourd’hui. On estime à près de 5 millions de personnes les plus de 85 ans en France d’ici 2050. Cette évolution de la société impose de nombreux défis. Celui de la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées en est sans doute l’un des plus imposants.

Malgré les affichages de bonnes intentions du pouvoir, ce projet de loi est sans cesse repoussé, désormais annoncé pour l’automne. Nous remettons en cause la vision strictement individuelle et assurantielle du « cinquième risque » conceptualisée par la droite.

Le Gouvernement Jospin avait déjà intensément travaillé sur ce dossier. La création de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) en 2001, a déjà partiellement constitué une réponse politique. Preuve de son succès, ce dispositif concerne plus d’un million de personnes âgées. Or, son financement est assuré à près de 70% par les départements, alors que la règle de répartition initiale se voulait de 50% CNSA / 50% Départements. Ce désengagement de l’Etat des collectivités territoriales – notamment des conseils généraux dont la crise pèse sur leur stabilité financière – soulève plus que des inquiétudes.

Les jeunes socialistes soutiennent d’abord une conception basée sur la solidarité nationale, dans la prise en charge de la dépendance. Les collectivités locales ne peuvent en être les pleines garantes au risque d’accentuer les inégalités territoriales. Les budgets des conseils généraux accusent, en effet, déjà d’importants écarts. S’y ajoute la question démographique, certains départements connaissant un vieillissement de leur population plus avancé. C’est le cas des zones rurales mais également du Sud.

Par ailleurs, nous ne considérons pas que la solidarité familiale soit un recours valable. La plupart des familles ne sont pas en capacité de subvenir aux besoins réels, le reste-à-charge étant souvent très élevé (2000€ par mois en moyenne en maison de retraite), et les aides sociales des Conseils généraux inaccessibles pour les familles modestes. La construction de structures d’accueil publiques doit être encouragée et accessibles sur l’ensemble du territoire. Quel que soit le statut de l’EHPAD – public, privé, associatif – nous militons pour une homogénéisation du prix de journée.

Chaque situation exige une réponse personnalisée. Le rôle des aidants familiers doit davantage être reconnu. Le soutien réaffirmé aux dispositifs de maintien à domicile, et de soins à domicile à but non lucratif, passe par une revalorisation des métiers d’aide à la personne âgée, à travers une meilleure coordination de ces personnels, une meilleure rémunération et une formation plus adaptée.

Loin des politiques d’individualisation de la droite, il apparaît clairement pertinent d’organiser la solidarité à l’échelle de la Nation reposant sur de nouvelles sources de financement et sur une réforme des circuits de financement de la dépendance en assurant le rôle pivot de la CNSA (dont le financement par la « journée de solidarité » doit être éclairci). Le rétablissement d’un droit de succession sur les patrimoines les plus élevés s’avère utile dans un effort à partager.

Les séniors participent au lien social et à la dynamique des territoires : ils sont un atout pour notre société dont la responsabilité impose de relever le défi de la dépendance. Les jeunes socialistes appellent donc à y faire face avec le courage politique qui s’impose.

Leave a Reply

Votre email ne sera pas publié. Champs obligatoires *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>