Numérique

Didier Mathus et HADOPI

A l’extraordinaire chance que représente la révolution numérique, cette multiplication colossale des échanges culturels, le Gouvernement ne trouve pas mieux à faire que d’emboiter le pas aux industriels qui tentent à tout prix de préserver leurs rentes, leurs modèles anciens, coûte que coûte, au prix d’un appareil répressif orwellien. Vous appelez à la rescousse des technologies de surveillance pour protéger des intérêts privés en proie à la crise de leur modèle économique. Le droit d’auteur sert dans cette affaire de cache-sexe aux industriels. D’ailleurs le droit d’auteur a été inventé pour protéger les auteurs contre les éditeurs et les diffuseurs et il est piquant aujourd’hui de voir les majors pousser les artistes sur le devant de la scène alors qu’ils sont les premières victimes de ces subterfuges. Si comme nous le proposions en 2005 la licence globale avait été adoptée, c’est plus d’un milliard d’euros par an qui, depuis cette date, auraient bénéficié aux créateurs !

Ce projet de loi propose de suspendre l’abonnement d’un particulier, ce qui équivaut, compte tenu du développement des usages, à prononcer une sorte de « mort sociale » électronique. Cette solution est technologiquement non viable dans la mesure où une grande partie des abonnés le sont à travers des forfaits triple play conjuguant téléphone, internet et télévision. Restructurer les réseaux pour obliger les FAI à distinguer les usages et les affectations de la bande passante représente un coût de l’ordre de 70 millions d’euros!!! Qui va payer sinon l’usager?

La vérité, c’est qu’il y plusieurs sortes de « téléchargeurs » et au moins deux: les jeunes désargentés qui de toutes façons ne vont pas au cinéma ni n’achètent de CD parce qu’ils n’en ont tout simplement pas les moyens; et ceux pour qui l’échange d’œuvres par Internet vient s’ajouter à une consommation culturelle déjà intense et souvent la stimule. Ceux-là vont au cinéma et téléchargent des films, achètent des CD, peut-être encore plus, et téléchargent des musiques.

Au lieu de contribuer à inventer un modèle économique du droit d’auteur à l’ère numérique pour doper la création, vous mettez en place des gendarmes du net pour protéger les intérêts d’opérateurs qui tentent d’imposer leur monopole et de sauver leurs rentes.

Nous proposons, nous, au contraire, dans nos amendements, une piste pour concilier la liberté et les potentialités extraordinaires ouvertes par le web aux internautes et la nécessaire rémunération des créateurs. C’est la contribution créative. Mais nous nous opposerions avec détermination à l’arsenal répressif de surveillance généralisée que vous entendez mettre en place et au danger qu’il constitue pour les libertés individuelles.

1 comment

  1. Commentaires ancien blog (Over-blog):
    faut dire qu’une grosse partie (une des plus empoisonnées) du texte a été de nouveau désamorcée par un amendement, dont ce dernier à été déposé par l’euro-député socialiste Guy Bono:
    La coupure de l’accès Internet est censée a partenir au passé…

    cf: http://www.numerama.com/magazine/12437-Le-Parlement-Europeen-confirme-son-opposition-a-la-coupure-de-l-acces-a-Internet.html
    Commentaire n°1 posté par Vivien le 30/03/2009 à 16h45
    _________________________
    j’ai rien dit!
    http://www.numerama.com/magazine/12475-L-amendement-Bono-repousse-au-21-avril-pour-sauver-l-Hadopi.html
    Commentaire n°2 posté par Vivien le 30/03/2009 à 23h28

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