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Héritiers de mai 1968 – article du JSL

Première fête populaire du MJS hier à Montceau

Les jeunes socialistes se veulent

« héritiers de Mai 68 »

 

À l’heure où Nicolas Sarkozy souhaite « liquider l’héritage de Mai 68 », les jeunes socialistes de Saône-et-Loire prennent le contre-pied. Ils revendiquent haut et fort la nécessité de s’inspirer aujourd’hui du mouvement d’il y a quarante ans.

Si la salle du Trait d’union à Montceau était quasi pleine pendant les animations musicales, le public était moins nombreux pendant les débats

Résister, proposer et transformer
. Telles sont les trois grandes leçons que nous devons conserver de l’esprit de mai 68 ».C’est ce que déclarait hier Fanny Petton, animatrice fédérale du Mouvement des Jeunes Socialistes de Saône-et-Loire (MJS71) lors de la première Fête populaire organisée à Montceau-les-Mines. Les jeunes militants avaient alors investi les locaux du Trait d’union avec exposition, conférence et concerts pour commémorer Mai 68.

Les événements, bien sûr, ils ne les ont pas connus, eux qui oscillent entre 20 et 28 ans. Mais pour autant, chacun à sa manière, ils se sentaient hier garants d’un certain héritage, d’une certaine mémoire. Par-dessus tout, le mouvement aimerait réinsuffler un peu de Mai 68 dans les jeunes esprits d’aujourd’hui. « Sous les pavés de 68, poursuivait Fanny Petton (24 ans), il y a cette idée que la jeunesse, quand elle est unie, peut faire avancer la société ». Quelques minutes avant, lors de la conférence, le témoignage de Camille Dufour, maire honoraire du Creusot, abondait en ce sens : « à la base de Mai 68, il y avait beaucoup de mouvements revendicatifs chez les travailleurs, mais qui étaient isolés. C’est finalement le mouvement étudiant qui a joué le rôle de détonateur ».

« Une lutte contre l’ordre établi »;

Ils le disent eux-mêmes : « les jeunes ne sont pas bien informés sur Mai 68. Ils le sont partiellement, et souvent de manière erronée ». Dans ce cas, que retiennent-ils, eux, des événements qui ont secoué la France de l’époque ? Jérémy Pinto (20 ans), responsable communication du MJS 71, y voit un lien direct avec la situation de 2008. « Il s’agit de l’opposition de la jeunesse face à un gouvernement conservateur. Et l’on voit aujourd’hui que ce type de mobilisation est possible, comme l’ont démontré les manifestations contre le Contrat Première Embauche. » Même son de cloche chez David Blondeau (22 ans), secrétaire fédéral du MJS, et Atef Tarkhani (24 ans) : « Mai 68 a été une lutte contre l’ordre établi. Supprimer son héritage, ce serait supprimer toutes les avancées sociales et les acquis qui en ont découlé. Ce serait enfin empêcher l’évolution vers une France de la connaissance et du savoir. »

Jérôme Pacaud (28 ans), membre du bureau national des MJS, insiste-lui sur le caractère multiforme des revendications. « Sans que ce soit un coup de rage comme beaucoup veulent le faire penser, Mai 68 marque en fait un temps d’arrêt. Un moment de questionnements multiples tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Il y a bien sûr les revendications salariales, sociales, etc. Mais il y a aussi et surtout l’expression d’une interrogation de la société sur elle-même. Qu’est ce que notre société ? Qu’est ce que le travail ? Comment en est-on arrivé là ? »

Fanny Petton mettra en avant pour sa part la « libération sexuelle des femmes… Ou du moins les quelques libertés concédées aux femmes », corrige-t-elle très vite. Là encore, le discours des aînés sert d’aiguillon lors de la conférence, à l’image des propos de Laurence Flutaz, secrétaire fédérale de la commission PS du droit des femmes : « c’est là que réside la vraie révolution de 68. Car même s’il reste encore beaucoup à faire sur l’égalité homme-femme, il faut bien comprendre qu’avant les mouvements de 68 et la décennie qui suivie, c’était le Moyen-Âge pour les femmes ! On revient de très très loin et on doit énormément à celles qui se sont battues à cette époque ».

Les limites de Mai 68;

Pas dupes, les jeunes socialistes n’idéalisent pas Mai 68. Ils restent aussi lucides sur les avancées qui en ont découlé. « Quand on voit qu’aujourd’hui, nous pouvons utiliser les mêmes slogans en matière de retraite, de pouvoir d’achat, ça fait réfléchir », constate un militant. David Blondeau trouve, lui, un goût amer aux propos récents du ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner qui « renie son passé de militant comme plusieurs leaders de l’époque ».

Quant à l’état de la jeunesse d’aujourd’hui, c’est un maigre espoir qui ressort des propos de Jérôme Pacaud : « pour beaucoup, Mai 68 est plus un logo qu’autre chose. Mais malgré un hyperindividualisme, je pense qu’il est encore aujourd’hui possible de faire ressurgir le collectif ».

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