En Une Nationale

Service minimum, démagogie maximum!

Dans la précipitation et avec une urgence déclarée, Xavier Bertrand s’empresse de tenir les promesses du nouveau Président. La promesse du « service minimum » tient plus de la démagogie et de la gesticulation que de l’action politique pour davantage de droits sociaux. En effet, sous couvert de « protéger la liberté de travailler », une loi est présentée en urgence « sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports ». Fidèle à la logique constante de mettre en opposition les Français les uns contre les autres, l’idée est de culpabiliser les grévistes potentiels dans le secteur des transports face à tous ceux qui se lèvent tôt et vont au travail en utilisant les transports publics.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes tient à rappeler que le droit de grève, le droit de cesser le travail de manière collective et concertée en vue d’appuyer des revendications professionnelles, est un droit constitutionnel, reconnu à l’ensemble des travailleurs.

Faire grève n’est pas une solution de facilité pour tout salarié, quel qu’il soit. Il s’agit du dernier recours lorsque le dialogue social est bloqué. Faire grève n’est pas non plus un acte individualiste. Il s’agit d’un symbole d’une lutte collective pour acquérir de nouveaux droits sociaux pour tous.

Le projet de loi tel qu’il nous est présenté enfonce des portes ouvertes et ment aux Français.

Le texte prétend révolutionner le dialogue social en obligeant une période de négociations avant une grève. Cette période existe déjà dans la mesure où la grève constitue un dernier recours pour les salariés en cas de blocage du dialogue social. Précisément dans le secteur public, la nécessité d’un dépôt de préavis durant lequel une négociation est obligatoire existe depuis plus de 20 ans.

Le texte explique que les heures de grève ne sont pas rémunérées. Cela a toujours été le cas ! Faire croire aux Français que les agents grévistes sont payés tient de la mauvaise foi rarement atteinte en politique.

Le texte instaure la possibilité d’un vote à bulletin secret au-delà de huit jours de grève. Les communiqués officiels du ministère, de la Présidence ou de l’UMP oublient la mention du texte précisant que le résultat du vote « n’affecte pas l’exercice du droit de grève ». En d’autres termes : ce vote ne sert à rien ! Il ne fait qu’ouvrir la voie du démantèlement des seuls verrous légaux pouvant se poser en résistance à la politique du Medef.

Dans son application même, le projet de loi s’avère dangereux pour les usagers des transports publics. En effet, il est demandé afin d’assurer un service défini aux heures de pointe sur les lignes jugées prioritaires par des agents travaillant habituellement sur d’autres lignes. L’usage dans les entreprises de transports publics est de ne pas laisser un agent conduire seul une ligne si ne l’a pas conduite au cours des six derniers mois pour de compréhensibles raisons de sécurité.

Ce texte rempli de démagogie se contente de prévenir les effets d’un conflit social et place de manière inégalitaire les salariés devant leur droit de grève. Le Mouvement des Jeunes Socialistes déplore le manque d’ambition du Gouvernement sur la prévention des conflits eux-mêmes. En effet, le meilleur des remparts contre d’éventuelles grèves reste un climat social serein qui est loin d’être à l’ordre du jour dans cette mandature.

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