Présidentielles 2007

Un succès populaire incroyable!

Marée rose pour le 1er mai de Ségolène Royal à Charléty

dépêche AFP

Une marée de sympathisants, dont beaucoup portaient des T-shirts rouges et des slogans anti-Sarkozy, a convergé mardi vers le Stade Charléty de Paris pour le dernier grand meeting parisien de Ségolène Royal, qui a partagé l’affiche avec de nombreux artistes venus chanter gratuitement.

La foule est tellement nombreuse que les organisateurs doivent annoncer vers 18 heures que les dizaines de milliers de personnes massées à l’extérieur ne pourront pas rentrer. « On ne peut plus accepter de public au stade Charléty qui est bourré à ras la gueule. Je vous demande de rentrer chez vous », lance Yvan le Bolloch, qui se fait huer en retour.

« La prochaine fois, on prendra Maracana, ça sera plus simple », plaisante-t-il en référence au mythique stade de Rio de Janeiro. Le Parti socialiste affirme que 40.000 personnes sont déjà dans le stade. Dans un communiqué, les codirecteurs de campagne de Ségolène Royal François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, saluent un « immense succès populaire ».

Les tribunes sont pleines, la pelouse et la piste sont envahies. Les premiers arrivés, qui profitaient du soleil installés dans l’herbe, doivent se lever pour faire de la place aux nouveaux qui affluent sans interruption par les deux escaliers d’accès.

Peu après 19h, c’est entre deux haies de militants que Ségolène Royal traverse la foule, suivie de tous les responsables socialistes, à l’exception remarquée de Laurent Fabius. Il faut près de cinq minutes à la candidate pour rejoindre la scène, sous les applaudissements et les cris d’encouragement.


« Je vous salue peuple de France », lance-t-elle. Moins de deux minutes de discours plus tard, elle est interrompue une première fois par le stade qui reprend en choeur « On va gagner ». Ségolène Royal savoure les applaudissements pendant une dizaine de minutes.


« On donnera une image d’un public joyeux, une image de mobilisation. Ca laissera des traces même si la gauche perd dimanche », voulait croire Sophie Lapeyronie, une sympathisante. Véronique dit être venue « parce que c’est serré pour le deuxième tour », dans l’espoir que l’affluence « peut influencer les indécis ». « On sent qu’il y a un grand danger pour les valeurs de la gauche », ajoute Lancelot Azel, un étudiant de Science-Po venu avec la section socialiste.


Sous un grand soleil, les tribunes ont enchaîné les olas toute l’après-midi. Les militants agitaient leurs banderoles « Les jeunes avec Ségolène » ou « La France présidente ». Deux jeunes gens en T-shirt orange siglés « Sexy centriste » déclenchent une ovation: « Bayrou, avec nous! Bayrou, avec nous! ». Dans la foule, les T-shirts sont plus souvent rouges ou blanc, marqués « Ségolène Présidente », « Fier d’être socialiste » ou encore « Sarko non merci ». Quelques drapeaux tricolores flottent au-dessus de la foule.

Sur les deux écrans géants installés de part et d’autre de la scène drapée de bleu, blanc et rouge, l’apparition des personnalités présentes dans les tribunes est saluée par des salves d’applaudissements, dont la plus fournie accueille Geneviève de Fontenay, en tailleur et chapeau.


Juste à sa gauche, l’ancien dirigeant communiste Robert Hue attaque « les propos haineux de Nicolas Sarkozy à propos de mai-juin 1968″. Il dénonce « cette bourgeoisie de l’argent roi » qui « veut annuler les conquêtes sociales de mai 1968″. « Elle n’y parviendra pas », promet-il. Plus loin, l’ancien Premier ministre Michel Rocard se souvient qu’il avait organisé le rassemblement de la gauche, au même endroit, le 27 mai 1968. « Ca fait quelque chose. »


Dans les tribunes, on reconnaît le footballeur Vikash Dhorasoo, les acteurs Philippe Torreton, Jean-Pierre Daroussin, Didier Bezace ou Didier Podalydès, mais aussi Jane Birkin, Valeria Bruni-Tedeschi et Julie Gayet. Sur scène, les artistes défilent et saluent « le peuple de gauche ». « La France, c’est nous aussi », crie le rappeur Disiz La Peste.


« Nous sommes la nation des droits de l’Homme, la nation de la tolérance », chante Damien Saez. Des artistes aussi différents que Bénabar, Lenny Escudero, les Têtes raides, Sapho ou encore Kerry James, Jacques Higelin et Renaud sont venus. En coulisses, le slammeur Grand corps malade explique être venu « pour défendre certaines de nos libertés ».


A 21h25, Yannick Noah achève sa dernière chanson et Ségolène Royal, restée en retrait sur la scène, vient saluer une dernière fois la foule qui se disperse. « Maintenant il faut rentrer chez vous pour être en forme dimanche », conclut Yvan Le Bolloch. AP

Leave a Reply

Votre email ne sera pas publié. Champs obligatoires *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>