Immigration

Résolution sur le ministère de « l’immigration et l’identité nationale »

Voté en conseil national de Paris du 19 mai 2007

Dans sa course effrénée du 1er tour des présidentielles pour séduire l’électorat du Front National, Nicolas Sarkozy a osé proposer la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Il s’agissait selon Sarkozy de faire en sorte d’avoir les moyens de réussir l’intégration des générations d’immigrés qui vont arriver sur le sol français dans les 30 prochaines années, « pour lier l’immigration et l’identité qui est la nôtre sur des valeurs qui vont enrichir leur propre identité […] ». Après une levée de boucliers unanime et légitime, il convient de revenir sur la signification d’une telle institution et sur les raisons du scandale qu’elle a provoquée. La double thématique accolée « immigration » et « identité nationale » est en elle-même révoltante. D’ailleurs, lorsque les associations de droits de l’homme lui ont demandé ce qu’il entendait par identité nationale, Sarkozy a répondu qu’il s’agissait des valeurs fondatrices de l’identité française telles que la « laïcité, l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté pour une femme de se marier avec qui elle veut, de ne pas être sous le contrôle de son grand frère… ». Une fois de plus, Sarkozy utilise la méthode populiste et les raccourcis intellectuels. Ces valeurs ne sont pas en soit scandaleuses, loin s’en faut. Ce qui est révoltant, c’est de sous-entendre que les étrangers arrivant en France ne les partagent pas justement parce qu’ils sont étrangers. Par ailleurs, ce sont les français de confession mulsumane qui sont clairement visés.

En poussant sa logique jusqu’au bout, cela sous-entend d’une part que les générations précédentes d’étrangers et leur descendance ne peuvent être bien intégrées, puisqu’elles n’ont pas relevé de ce ministère. D’autre part, cela suggère qu’il existe une différence entre les Français : les « Français de souche » qui n’ont rien à prouver et partagent de par leur naissance les valeurs républicaines, et les autres, qui de par leurs origines étrangères, doivent faire leurs preuves et à qui on devrait enseigner ces valeurs. Nous avons donc affaire ici clairement à une discrimination, puisqu’il s’agit d’isoler et de traiter différemment certains individus ou un groupe entier par rapport aux autres.

Le MJS tient donc à rappeler que comme l’indique l’article 14 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme que toute discrimination fondée sur la nationalité est interdite. Pour les socialistes, c’est l’identité républicaine qui fonde le Vivre-ensemble. Enfin, placer la défense et la perpétuation de l’« identité nationale » sous la férule de pouvoirs publics à travers la création d’une structure ministérielle est une revendication de longue date des extrêmes droites européennes. Le MJS s’y opposera systématiquement.

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