Présidentielles 2007

Meeting-concert de Charléty

Devant 60.000 personnes au stade Charléty, la candidate PS s’en est longuement pris mardi à la « brutalité » de son concurrent UMP, accusé de faire « ovationner le mot Kärcher », de « parler de liquider Mai 68″.

Ségolène Royal (c) Reuters

Ségolène Royal a dessiné mardi une France de « l’harmonie » pariant sur « la paix civile » pour réformer plutôt que sur « la brutalité » de son adversaire Nicolas Sarkozy, devant des dizaines de milliers de sympathisants, au stade Charléty à Paris.

Dans un lieu symbolique puisqu’il avait accueilli un meeting géant de la gauche lors des événements de mai 1968, la candidate socialiste a tenu un discours de « réconciliation » à l’intention des électeurs du centre, tout en parlant à la gauche antilibérale, à cinq jours du second tour de l’élection présidentielle.
C’était la gauche en fête: cinq heures de musique non stop jouée par des artistes symboles de la diversité de la France, de Yannick Noah au slammeur Grand Corps Malade, en passant par Cali, Benabar, Renaud et Jacques Higelin.


« Je veux la paix civile dans mon pays »


L’assistance a été évaluée par le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë à plus de 60.000 personnes, 40.000 à l’intérieur et quelque 20.000 à l’extérieur.
En présence de François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang et Bertrand Delanoë mais aussi du communiste Robert Hue et de la numéro un des Verts Cécile Duflot, Ségolène Royal, jupe blanche et veste blanche sur un corsage rouge, a prononcé un discours très personnel, commençant par évoquer « une petite fille de Lorraine, quatrième d’une famille de huit enfants ».
Sans jamais le nommer, elle a renvoyé dans le camp des réactionnaires Nicolas Sarkozy, qui s’était livré deux jours plus tôt au Palais omnisports de Bercy à une attaque en règle contre « les héritiers de mai 68″.
Affirmant sentir monter en France « la même forme de colère » qu’en mai 1968, elle s’est fait fort de « protéger la paix civile ». « Je veux une France qui se réforme, je veux la paix civile dans mon pays », a-t-elle insisté, s’indignant qu’à Bercy, le candidat UMP ait « fait ovationner le mot ‘Kärcher' ».


Les slogans de Besancenot et Bové repris


« La fameuse rupture qui est annoncée, c’est purement et simplement une fracture républicaine, mais ce n’est pas une fatalité », a-t-elle assuré sous les vivats de la foule. Elle a appelé « tous les Français à le comprendre, à réfléchir en silence et à en tirer toutes les conséquences » dimanche.
La candidate socialiste s’est présentée comme la seule à même d’éviter « les blocages » qui ont « suscité, comme en mai 68, des révoltes, des revendications, des grèves ». Elle a cherché à tenir les deux bouts de la chaîne, les électeurs centristes d’un côté, la gauche de l’autre.
« Nous ne sommes pas rassemblés un 1er mai par hasard. Cette date a un sens historique. Elle est la fête de la solidarité et de la demande de dignité du monde ouvrier », a déclaré Ségolène Royal. Elle a repris à son compte les slogans de campagne d’Olivier Besancenot (LCR): « La vie vaut mieux que les profits », et celui de l’altermondialiste José Bové: « Un autre monde est possible ». Voilà pour la gauche.


« J’ai entendu le message des électeurs du centre »


Pour autant, « j’ai entendu le message des électeurs du centre et des républicains de progrès: rien ne se fera sans goût de la démocratie, sans une Europe qui fonctionne et surtout sans un Etat impartial », a-t-elle affirmé.
Faisant « le choix de l’harmonie », elle a promis de « réconcilier la réussite des entreprises et le progrès humain », des termes très consensuels susceptibles de plaire à un électorat très large.
« Le but ultime du profit, ce doit être le progrès humain », a ajouté Mme Royal, dans un registre très démocrate-chrétien. Elle a d’ailleurs conclu par ces mots: « Prenons-nous la main, aimons-nous les uns les autres, construisons ensemble ». (AFP)

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