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Franchises médicales : attention danger!

La CSMF estime que l’instauration de nouvelles franchises, que le gouvernement compte mettre en œuvre en 2008, « risque de retarder l’accès aux soins des plus démunis, notamment aux soins primaires dispensés par le médecin généraliste ». 61% des Français sont contre.

 

(AP)

L’annonce par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de la création de nouvelles franchises médicales pour combler le déficit de la Sécurité sociale, n’est pas du goût des médecins.
Le président du premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF, Michel Chassang, a indiqué lundi 28 mai que l’instauration de franchises avait « deux inconvénients: le premier, c’est qu’elle risque de retarder l’accès aux soins des plus démunis, notamment aux soins primaires dispensés par le médecin généraliste », a-t-il déclaré à l’AFP.
« Le second inconvénient, c’est qu’avec le montant évoqué par Mme Bachelot (10 euros par franchise, ndlr), ces franchises seront de toute façon largement insuffisantes pour équilibrer les comptes, ce n’est pas un mécanisme de régulation », a-t-il estimé

2 milliards d’euros

Selon lui, pour équilibrer le déficit de la Sécurité sociale, dont le dérapage atteindrait 2 milliards d’euros en 2007, il faut « poursuivre la maîtrise médicalisée (baisse des arrêts de travail, promotion du médicament générique etc., ndlr), réformer l’hôpital et revoir le financement de la protection sociale ».
Le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) se dit aussi favorable à la création d’une « TVA sociale ».

61% des Français contre la franchise

Selon un sondage CSA publié par le Parisien lundi 28 mai, 61% des Français estiment que l’instauration de franchises non remboursables sur les soins de santé serait « plutôt une mauvaise chose ».
34% des Français estiment que cette proposition est « plutôt une bonne chose », et 5% ne se prononcent pas sur la question, selon le sondage.
Les insatisfaits sont plus nombreux chez les employés (65%), les ouvriers, chômeurs (69%) et les professions intermédiaires (72%) que chez les cadres et professions libérales (55%).

Quatre franchises nouvelles

Deux types de franchises existent déjà, celle de 1 euro, appliquée depuis début 2005 sur toute consultation médicale ou acte de laboratoire, et le forfait de 18 euros sur les actes chirurgicaux.
Durant la campagne, Nicolas Sarkozy a annoncé quatre franchises nouvelles, sur les médicaments, les prises de sang, les consultations médicales et l’hôpital.
Dimanche, la nouvelle ministre de la Santé Roselyne Bachelot a souligné qu’elles seraient inscrites dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008, présenté en septembre par le gouvernement. Elle a évoqué un montant de 10 euros par franchise et « par foyer » tout en assurant que des « garde-fous » seraient mis en place pour permettre l’accès aux soins des plus défavorisés.

Les réserves de Martin Hirsch

« Nous allons travailler ensemble (avec Martin Hirsch) pour mettre en place des garde-fous, pour prendre toutes les précautions qui s’imposent », a dit Roselyne Bachelot après les critiques émises par son collègue, le nouveau Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, selon lequel l’instauration de franchises n’est « pas une bonne mesure ».
« Il ne faut pas envisager ces franchises sous l’angle d’un rationnement des soins mais sous celui d’une responsabilisation des patients », a dit Roselyne Bachelot.

Mesure dénoncée par le PS

Le Parti socialiste a pour sa part dénoncé les franchises médicales annoncées par le gouvernement, « porte ouverte » à « toutes les inégalités » en matière d’accès aux soins.
Ce système « conduira demain un certain nombre de Français à différer des visites chez le médecin, à différer un certain nombre d’examens », a estimé le secrétaire national du PS aux élections Bruno Le Roux lors d’un point de presse.
« C’est une mesure profondément inégalitaire contre laquelle nous mènerons un combat fort », a ajouté le député de Seine-Saint-Denis. « Si nous sommes demain en situation de responsabilité, nous abrogerons ces franchises ».

Face aux système dangereux des franchises médicales, donnons une connatation sociale aux parlement où les députés socialistes défendront les plus vulnérables aux réformes UMP. Les 10 et 17 juin, le vote socialiste !

Sondage réalisé les 23 et 24 mai auprès d’un échantillon représentatif de 952 personnes constitué selon la méthode des quotas. (avec AFP)

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