Présidentielles 2007

Soutenue par DSK, Royal entend rester « libre » et « accélérer »

Dépêche de presse

Engagée dans la « dernière ligne droite » à cinq semaines du premier tour, Ségolène Royal a reçu vendredi soir le soutien appuyé de Dominique Strauss-Kahn lors d’un meeting commun à Charleville-Mézières. Elle entend cependant rester « libre » pour nouer un « contact direct » avec les Français et compte désormais « accélérer » sa campagne.

Quand « les socialistes ont choisi leur candidate, alors tous les socialistes sont derrière elle, et moi le premier », a clamé DSK, qui veut « contribuer à sa place à la victoire de Ségolène Royal » parce que « c’est l’intérêt de notre pays ». « Nous tenons ensemble ce meeting. Ça a fait couler de l’encre », « comme si le fait qu’on ait été, Ségolène et moi, démocratiquement opposés dans une campagne interne faisait qu’on devait être opposés tout le temps, comme si ce n’était pas naturel pour un socialiste de défendre la campagne d’une socialiste », a-t-il déploré, récusant tous « petits calculs ».

L’ancien ministre de l’Economie, récemment intégré à l’équipe de la candidate, a donc invité le PS à lui emboîter le pas. Dans une campagne, « on a besoin de soldats. Et dans un combat, les soldats ne doivent pas avoir d’états d’âme, ils doivent avoir des états de service, ils doivent monter au front », a-t-il lancé devant plusieurs centaines de personnes réunies pour ce meeting dans les Ardennes. Les socialistes doivent « se mettre en rang pour partir à la bataille et pour faire gagner la gauche », a-t-il dit.

« Je suis très heureuse qu’il soit là », l’a remercié Ségolène Royal. « C’est un appui, c’est un atout très important ». Pour la première fois, la candidate, qui n’a pas manqué de citer Baudelaire, s’est offert un bain de foule au terme du meeting.

Accompagnée dans ce déplacement par son ancien rival de la primaire au PS, la « gazelle » entend néanmoins rester « libre » de toute attache partisane, tout en comptant sur « l’appui » du PS et sur ses « talents ». « Il y a un moment, il faut avoir la force de se situer au-dessus des partis politiques », a-t-elle justifié devant la presse, se présentant comme « une femme libre ». « C’est parce que le collectif a bien fonctionné que je peux maintenant assumer ma liberté ». Elle entend en effet nouer « maintenant » un « dialogue direct » avec les Français. « C’est à moi de porter énergiquement ce combat », a-t-elle jugé.

« Il faut qu’elle se sente libre, elle a raison », l’a appuyée DSK. « Le PS doit lui être utile, c’est son devoir. Mais elle n’est pas là pour être utile aux socialistes. Elle est là pour être utile aux idéaux de la gauche » et « à la France ».

« Dans la dernière ligne droite », Ségolène Royal compte mettre le turbo pour faire expliquer aux Français les cent propositions de son « pacte présidentiel ». « J’accélère l’explication, je noue le pacte, je l’explique, je monte en puissance » et « je vais au contact du plus grand nombre de citoyens », a-t-elle indiqué. Ainsi devrait-elle multiplier les déplacements de campagne dans les prochaines semaines, en profitant de ses meetings pour passer trois à quatre jours sur le terrain.

Mais la prétendante à l’Elysée compte aussi accélérer sa préparation au rôle de présidente et se tenir « prête » à agir si elle est élue en mai. « Mon rôle aujourd’hui, c’est d’être prête si les Français me font confiance », a-t-elle souligné. « Je réfléchis maintenant à la façon dont je vais mettre en oeuvre ce pacte » présidentiel, a-t-elle ajouté.

Interrogée sur François Bayrou, elle a répété qu’elle souhaitait que les Français se voient proposer un « vrai changement ». Si elle se garde de toute « attaque personnelle », elle a relevé le « paradoxe » de son rival centriste « à se prétendre candidat détaché des partis et d’avoir comme principal projet de créer un grand parti ».

A charge pour DSK de tacler le candidat UDF sur son absence supposée de programme: « Ségolène Royal, elle fait campagne avec cent propositions », « François Bayrou, il fait campagne sans propositions », a-t-il moqué, avant de présenter Ségolène Royal comme la « seule » qui « propose un vrai changement ».

François Bayrou, « c’est comme une grosse promotion d’ouverture de magasin. Le jour de l’ouverture, les gens qui viennent voient qu’il n’y a rien dans les rayons, et ils repartent », a également ironisé le fabiusien Claude Bartolone. AP

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