La droite

Sarkozy, le trou d’air

par Jean-Marcel Bouguereau, rédacteur en chef au Nouvel Observateur et éditorialiste à la République des Pyrénées, pour laquelle a été rédigé cet article.

APRES LE TEMPS des bourdes, des gaffes, il fallait qu’arrive le temps des affaires. Premier mis en cause, Nicolas Sarkozy qui semble à son tour connaître un certain trou d’air. Le fait que Ségolène Royal se soit nettement requinquée après sa prestation sur TF1 a correspondu à un jeu de bascule entre elle et Sarkozy. Ensuite viennent quelques bourdes qu’il faut souligner sans s’y appesantir puisque lorsqu’il s’est agi de Ségolène Royal, on en avait fait des gorges chaudes, pour expliquer que la socialiste n’avait pas la carrure. Nicolas Sarkozy a donc été soumis par RMC à la rituelle question du nombre de sous-marins nucléaires d’attaque. « Quatre » a répondu le candidat, « non, cinq » a répondu l’animateur, alors que selon le ministère de la défense, ils sont même six. Question spécieuse, a rétorqué l’homme qui aspire à garder la mallette nucléaire. Et cette fois on n’a pas entendu Michèle Alliot-Marie répéter comme elle l’avait fait pour Ségolène que la candidate « ne semble guère intéressée par ce sujet essentiel » et qu’elle « à tout le moins, beaucoup de lacunes à combler ». Puis, un malheur n’arrivant jamais seul, c’est la remontée de François Bayrou qui arrangeait bien le candidat de l’UMP tant qu’il paraissait prendre des voix à Ségolène Royal mais qui inquiète depuis qu’il « pompe sur Sarkozy », comme le dit joliment son directeur de cabinet Claude Guéant. Au point que L’UMP a décidé de réactiver sa cellule « d’observation et d’analyse stratégique » sur le président de l’UDF. Sarkozy va accélérer le rythme de sa campagne, alternant déplacements à l’étranger pour conforter sa stature d’homme d’Etat et visites de proximité pour tenter à nouveau d’humaniser son image. Car Sarkozy sait qu’il est son principal ennemi. Si deux tiers des Français estiment qu’il a la stature d’un président, plus de la moitié d’entre eux affirment qu’il les inquiète, un pourcentage qui n’a guère changé malgré une campagne hyper active. Dernière tuile : les révélations du Canard enchaîné selon lequel le couple Sarkozy aurait bénéficié en 1997 d’un rabais 300 000 euros lors de l’achat de leur appartement ainsi que des travaux offerts, le promoteur étant « le promoteur favori de la mairie de Neuilly ». Le ministre dément évidemment, affirmant avoir « acheté cet appartement dans des conditions de régularité totale ».

J.-M. B. (le mercredi 28 février 2007)

1 comment

  1. Commentaires ancien blog (Over-blog):

    Cher mjs,

    juste un petit récapitulatif, nécessaire semble-t-il, sur les sous-marins nucléaires, au nombre total de DIX. Ils sont de deux types:

    Le SNLE (abréviation de « sous marin nucléaire lanceur d’engins »), aussi connu comme SSBN (Ship Submersible Ballistic Nuclear) selon le code OTAN , est un sous-marin à propulsion nucléaire de très grande taille, équipé de missiles balistiques stratégiques à charge nucléaire en silos verticaux et lancés en plongée. Il est également équipé en torpilles et en missiles aérodynamiques à changement de milieu, des armes anti-navires pour son auto-défense. Sa mission est la dissuasion nucléaire ; il assure, à ce titre, la garantie d’une frappe nucléaire de riposte, en raison de la difficulté de le localiser lors de ses patrouilles en plongée, grâce notamment à ses qualités de discrétion acoustique.

    Quatre SNLE sont en service, un SNLE de type M4, classe Le Redoutable, et 3 SNLE de nouvelle génération (SNLE/NG) de la classe Le Triomphant :

    *

    S615 – L’Inflexible (en service depuis 1985)

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    S616 – Le Triomphant (en service depuis 1997)

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    S617 – Le Téméraire (en service depuis 1999)

    *

    S618 – Le Vigilant (en service depuis 2004

    Les 6 autres sous-marins sont des SNA (sous marin nucléaire d’attaque), ce sont des sous-marins militaire à propulsion nucléaire.

    Alors que les sous-marins classiques sont contraint de remonter en surface (ou à l’immersion périscopique en utilisant un schnorchel) pour alimenter les moteurs diesel en air (oxygène) et, ainsi recharger leurs batteries électriques, après quelques dizaines d’heures de plongée aux moteurs électriques (quelques jours pour ceux dotés de propulsion AIP), les rendant ainsi détectables et vulnérables, les sous-marins à propulsion nucléaire peuvent rester plusieurs mois en plongée, préservant ainsi leur discrétion.

    Contrairement aux SNLE qui ont pour seule mission la dissuasion nucléaire, les SNA sont destinés à des missions de protection et de projection de puissance. Ce sont des chasseurs. Ils ont plusieurs rôles :

    Lutte anti-sous-marine, lutte anti-navire, action contre la terre avec l’emploi de missiles de croisière, renseignement( interception électronique, prises de vues optiques et infra-rouge discrètes), participation à des actions de forces spéciales avec le débarquement de commandos et de nageurs de combat, minage discret en eaux hostiles.

    Ainsi, Monsieur Sarkozy a répondu de manière exacte sur le nombre d’engins contenant des MISSILES NUCLEAIRES. Quant au journaliste « piégeur », il devrait relire ses fiches et potasser plus sérieusement ses sujets car avec Ségolène Royal il en comptait 7 pour ensuite diminuer à 5 avec Sarkozy, quoi qu’il en soit, son compte n’était jamais bon.

    Commentaire n°1 posté par audrey le 28/02/2007 à 19h54
    _________________________
    On lui a demandé le nombre de sous-marins nucléaires d’attaque. Il a mal répondu donc. Toute façon, assez de cette campagne sur les petites phrases mais nous constatons que l’ump devrait relire ces fiches avant de critiquer Ségolène !
    Commentaire n°2 posté par Jérémy le 28/02/2007 à 20h09

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